
La conduite du Pays Serge Canet, au départ de Genève, en 1972.
Chacun trouve dans le Tour de France un sens de mise en mouvement ; de déplacement ; d’évasion ; de découverte, voire d’agitation, et de perturbation.
Cette mise en mouvement chasse les « habitudes » elle commence longtemps avant le jour du départ, parce que ce voyage nécessite que l’on mette une grande quantité d’énergie morale au service de son organisation.
Partir sur le Tour de France est synonyme de mise en mouvement du corps, et, lorsque tout se passe bien, il y a aussi mise en déplacement de l’esprit. Quoique pour les choses de l’esprit l’on accorde une moins grande préparation, sinon d’affûter sa curiosité, être sûr de ne rien « rater » et que de là où l’on se rend, voir ce qu’il faut y voir.
Voyager, aller voir ailleurs, et de cet ailleurs vérifier si le monde est différent ; contempler le ciel, le soleil et la lune et aussi les étoiles depuis d’autres cieux. Y être surpris à la découverte d’autres pratiques, d’autres usages et d’autres traditions ; partir à la conquête de l’inconnu, voir se changer les nuits en aubes, les soirs en matins depuis cet inconnu, loin de son monde, petit ou grand, proche ou lointain, car suivant les circonstances, traverser la rue est un voyage qui conduit à un ailleurs bien réel que l’on ne soupçonne pas.
Parce que le monde serait très différent ailleurs, et sans doute meilleur aussi. La bonne fortune de l’Aspirant est de partir par vocation.
« Me voici, c’est moi l’Aspirant qui vient à vous et repartira ; qui vous laissera agités comme la mare traversée par l’insecte qui sautille sur l’eau avant que les choses reprennent leurs temps et leurs rythmes ».
De quelles contrées est-ce que l’Aspirant veut être le voyageur ? Est-ce qu’il tournera au tour de la Terre, comme la manne au tour d’un lampadaire ? Confondant le déplacement et le voyage ?
C’est tellement flatteur l’étranger !
Mais pour autant l’Aspirant sera-t-il consommateur de Cayennes ou de Chambres ? L’Aspirant sera voyagé, dès lors que choisira-t-il, devenir touriste ou voyageur ?
Le Tour de France est vraisemblablement la plus intelligente des ruses.
Il est un faiseur de métamorphoses, du sédentaire en voyageur ; de l’Aspirant en Compagnon, et peut-être, un peu plus encore.
Il y a une pleine identité entre voyager la France, et être voyagé par la France ; il y a une pleine identité entre l’Aspirant voyageur et l’Aspirant voyagé. Et dans le même temps : transformation totale ; l’Aspirant était le même, et pourtant, il est devenu un autre.
Pour que la transformation se fasse ; il faut que l’acte précède l’esprit, et participe de la transformation, comme en toutes choses importantes, la pratique précède la théorie.

Une réponse sur « Le Tour de France »
L’âge aurai pu être un frein , mais je lis et vois la conduite du Pays Serge Canet , cela me rassure et m’encourage sur le chemin des Egalitaires