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Le Compagnonnage Egalitaire

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C’est la fraternité !

Dans la variété des Sociétés Compagnonniques connues, Le COMPAGNONNAGE EGALITAIRE est une association indépendante des Organisations classiques, qui regroupe des aspirants, des compagnons de mêmes affinités et qui se tient à l’écart des éventuels conflits ou rivalités qu’on observe souvent entre les diverses Associations.

LE COMPAGNONNAGE EGALITAIRE fonctionne en accueillant fraternellement des femmes et des hommes de tous métiers, de tous âges et de toutes origines mus par les mêmes valeurs. C’est en ce sens que la fraternité accueille et écoute. La bienveillance prônée par tous les Pays qui nous rejoignent font de notre mouvement une forme résolument moderne du Compagnonnage.

Chez les COMPAGNONS EGALITAIRES, la valeur « Métier » est essentielle ; on parle de tous les métiers manuels d’artisans qui transforment la matière (Charpentiers, Menuisiers, Forgerons, Plâtriers, Peintres, Maçons, Tailleurs de Pierre, Cuisiniers, Bouchers-Charcutiers, Boulangers, Carrossiers, Coiffeurs, Maquilleurs, Chapeliers, Couturiers, Doreurs etc… etc… et tout cela également au féminin, car nous féminisons tous les noms de métiers biensûr) et qui sont accueillis en FRATERNITE ou SORORITE.

Pourtant, en ce XXIème siècle, il convient d’y ajouter les métiers de la CREATION NUMERIQUE, tant que ce « NUMERIQUE » reste un outil au service d’une CREATION HUMAINE, pensée, réfléchie, maîtrisée et conçue par un être humain avec l’aide, pour sa réalisation, du numérique tout comme les artisans qui utilisent des machines pour leur faciliter la tâche, gagner du temps ou réduire la pénibilité.

Jamais le numérique ou l’I.A., chez les ASPIRANTS & COMPAGNONS EGALITAIRES, ne devront se substituer à l’être humain pour créer, concevoir des oeuvres. Ce ne sont que des outils au service des créateurs.

FRATERNITE :« Lien existant entre personnes considérées comme membres de la famille humaine ; sentiment profond de ce lien. Lien particulier établissant des rapports fraternels ». C’est la définition exclusive du dictionnaire, et il n’y est pas question de genre. Pourtant, l’évolution de notre société a voulu différencier, par le genre cette notion de solidarité humaine en y ajoutant le terme de SORORITE, dont le dictionnaire précise que « c’est la solidarité entre femmes (considérée comme spécifique) ».

Au Compagnonnage Egalitaire, les noms ASPIRANT & COMPAGNON restent invariables en genre, la différence étant marquée par la féminisation du nom de la Province de naissance (Parisien / Parisienne ou Provençal / Provençale) et également par celui du métier quand cela tombe sous le sens. (Coiffeur/Coiffeuse ; Doreur/Doreuse ; Couturier/Couturière)

Ainsi et par exemple, un homme sera reçu Provençal Compagnon Boulanger, tandis qu’une femme sera reçue Provençale Compagnon Boulangère.

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Compagnon : « Cum Panis » qui partage le pain

Le Compagnon, c’est celui qui accompagne, parce que, par définition l’on ne peut être compagnon seul.

C’est-à-dire celui qui partage en égal, en frère ou en soeur, par un élan du coeur. Le Compagnon, c’est celui ou celle qui prend en compte l’autre dans tous les cas, l’on est toujours le compagnon d’un autre.

Pour les EGALITAIRES c’est la seule définition acceptable du nom de Compagnon.

TRADITION DES EGALITAIRES :

« La tradition dans les grandes choses, ce n’est pas de refaire ce que les autres ont fait, mais de retrouver l’esprit qui a fait ces choses et qui en aurait fait de toutes autres en d’autres temps « 

Paul Valéry

Outre ces combats menés pour recouvrer leur liberté, les Compagnons sont inscrits dans l’histoire parce qu’ils ont compté dans leurs rangs, un grand nombre de chef-d’oeuvriers exceptionnels qui ont marqué leur époque. Ils le sont aussi parce qu’ils véhiculent une tradition universelle qui arrive directement et sans interruption du temps où les métiers se sont formés.

La tradition, c’est l’acte de livrer, de dire dans une relation au travers du temps, parce que tout ce que l’on sait se fait par une communication de générations en générations. C’est le lien du Présent avec le Passé, le lien du présent avec l’avenir.

En l’occurence, elle est la reconnaissance de l’effort produit, elle reconnait la morale et le talent d’un Compagnon suivant des critères définis par les EGALITAIRES.

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Trois fondateurs légendaires :

Le terme « compagnonnage » fait son entrée dans la langue française en 1719 pour désigner la durée de l’apprentissage (Apprentissage et Perfectionnement) qu’un homme de l’art doit effectuer auprès d’un maître artisan pour devenir Compagnon.

Les légendes des Compagnonnages font toutes référence aux trois fondateurs légendaires :

Le Roi Salomon, engagea Maître Jacques, Tailleur de Pierre, (celui-ci aurait été assassiné à la Sainte-Baume) et le Père Soubise, Maître-Charpentier afin d’organiser la construction d’un Temple Royal à Jérusalem. et travailler ensemble et de façon complémentaire, chacun dans sa compétence.

Cet événement est censé avoir vu naître l’ordre des compagnons, bien que les textes bibliques n’en fassent pas mention. Pourtant le temple de Salomon, existe bien à Jérusalem, et il est même décrit dans la Bible.

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Les origines historiques, du Compagnonnage Egalitaire

Lors du renouveau des cités, les métiers furent organisés en corporations. Cette organisation était divisée en trois conditions qui étaientcelles des apprentis, des valets (qui prirent plus tard le nom de compagnons) et des maîtres.
Au cours du XIIIe siècle, l’organisation des métiers en corporations dirigées par les seuls maîtres, provoqua une réaction des valets pour lesquels l’accession à la maîtrise devenait pratiquement impossible.

Dès lors l’appropriation des corporations par les maîtres, des Compagnonnages de métiers c’est-à-dire : des groupements jusqu’à lors inconnus qui affiliaient exclusivement des Compagnons (sans apprenti ni maître), se constituèrent et organisèrent pour les 1nétiers qui les concernaient la défense et la solidarité ouvrière. Ces compagnonnages initièrent le mouvement ouvrier français. Au milieu du XIVe siècle, la liberté du travail n’eut plus cours à Paris. Rapidement cette réglementation fut appliquée à la France. Les Compagnons, qui désiraient demeurer libres de leur activité, n’eurent pour d’autre choix que de fuir Paris pour la province et les lieux de franchise .

En 1714, le Tiers-état demanda la liberté du travail contre les monopoles que s’accordaient les corporations. Elles seront abolies en 1776, et rétablies la même année ! Il faudra attendre 1789 pour que l’Assemblée Nationale proclame la liberté du travail. Ce fut ce combat, mené pour la liberté de circuler, la liberté de travailler et, la liberté d’entreprendre qui généra les Compagnonnages dont les Egalitaires se déclarent être aujourd’hui les héritiers.
Mais Compagnonnages et Compagnons vivaient une histoire parallèle à l’histoire sociale .


Du XIIIe siècle à la première révolution française, les Compagnonnages avaient assimilés des traditions qui leurs étaient antérieures et qui venaient fortifier leur identité. Les récits bibliques qui relatent les circonstances et les faits de la construction du temple de Jérusalem générèrent des légendes qui dès l’origine inspirèrent ces coalitions compagnonales. Les Compagnonnages anciens qui étaient corporatistes se divisaient en trois groupements qui se dénommaient :

Compagnons De Liberté, Enfants Du Roi Salomon


Compagnons Passants Du Devoir, Enfants de Maître Jacques


Compagnons Passants Bons-Drilles, Enfants de Soubise.


Le Roi Salomon, Maître-Jacques et Soubise sont depuis, reconnus Fondateurs légendaires exclusifs de ces groupements.

En 1889 les Anciens Compagnons Des Devoirs, réunis en assemblée firent l’Union Compagnonnique Des Devoirs Unis.

Ils abolissaient le corporatisme, les préséances et, constituèrent une société de secours mutuel.

Le 22 juin 1996, des Compagnons issus de l’Union Compagnonnique et de la Seconde Ere Nouvelle de 1978 ont constitué le Compagnonnage Egalitaire que l’on connaît aujourd’hui et qui a fait :

  • La Réception des femmes.
  • La mixité.
  • L’abolition du corporatisme.
  • La suppression de la limite d’âge.
  • La reconnaissance à rang égal de tous les métiers manuels.

Le Compagnonnage Egalitaire est un groupement de femmes et d’ hommes de métiers qui ensemble, généreusement et joyeusement, vivent leur siècle.
Les Egalitaires communiquent toujours leurs légendes, ils pratiquent le Tour-de-France, sans pour autant que ce soit une obligation rédhibitoire.

Ils produisent une« Pièce d’Adoption » qu’ils présentent lors de leur admission en qualité d’Aspirant et reçoivent le titre de Compagnon Egalitaire après avoir présenté une « Pièce de Réception » au cours de cérémonies dont les contenus sont demeurés traditionnels.

L’AMOUR FRATERNEL

Par le PAYS SERGE CANET

« C’est une obsession, de génération en génération il est toujours présent ; comme pour toutes ces affirmations qui se veulent définitives, il ne se dit jamais en quelles circonstances l’on doit s’y référer, ce qui permet de le faire apparaître à tout propos.

Tous les débats sont placés sous la protection tutélaire des trois fondateurs légendaires du compagnonnage. Sur un lambrequin est écrit : « Amour Fraternel » parfois renforcé par une balance.

Dès lors l’amour fraternel doit être considéré comme un réunificateur, un modérateur permanent ; chaque fois que les compagnons se réunissent, toute parole, tout geste, doit être modéré à l’aune de l’amour que se portent entr’eux des Pays transportés par la même loi, qui, sans cette empathie, ne recouvrerait pas la réalité de leur fraternité.

Ainsi le Devoir des Égalitaires transforme en amour fraternel l’ambition des Compagnons. »