
Par Le-Soutien-De-L ’Union
On parle du Compagnonnage comme d’un mystère.
On le dit secret.
On l’imagine escondé (dissimulé) derrière des portes closes.
Mais écoutez-moi bien.
Le Compagnonnage n’est pas une ombre,
Il est la flamme d’une lampe, une lumière que l’on partage.
Regardez autour de vous.
Il est là.
Dans ces visages.
Dans ces mains.
Oui, il y a des rites.
Oui, il y a des paroles qui ne se jettent pas aux vents, des paroles que l’on garde avec respect.
Oui, il y a le Devoir.
Devoir n’est pas un mot comme un autre,
Il répond à l’injonction : « je dois ! »
Je dois à celui qui m’a appris.
Je dois à celle qui m’a soutenu.
Je dois à ceux qui viendront après moi.
Voilà le lien.
Un lien plus solide que tous ces assemblages savants.
Plus sûr que la pierre ajustée.
Un lien qui ne domine pas.
Un lien qui unit les Compagnons.
Qui ne les écrase pas.
Qui les élève.
On a fait du Compagnonnage une légende.
Mais derrière la légende, qu’y a-t-il ?
Une vérité plus belle encore.
La vérité des femmes et des hommes qui se lèvent tôt.
Qui apprennent un geste.
Qui recommencent jusqu’à l’apprivoiser et le posséder.
Qui doutent parfois.
Qui persévèrent toujours.
Qui refusent le travail terminé avant d’être commencé.
Qui veulent faire mieux que la veille.
Elle est, une légende, à leur vérité.
La vérité, c’est la transmission.
C’est une main qui guide une autre main.
C’est un regard exigeant… mais toujours bienveillant.
C’est un Pays qui accueille un autre Pays.
Une Chambre qui ouvre sa porte à un Pays.
Oui, le Compagnonnage s’appuie sur des mythes anciens qui viennent d’aussi loin que le travail existe.
Des récits qui parlent de bâtisseurs d’œuvres immenses, renommées, élevées vers le ciel.
Ces récits ne sont pas faits pour tromper.
Ils sont faits pour élever.
Comme le mur a besoin de fondations, toute grande communauté a besoin d’un récit fondateur pour tenir debout.
Mais que l’on ne s’y trompe pas : le compagnonnage ne vit pas dans le secret.
Il vit dans la fraternité.
Il ne promet pas des privilèges.
Il propose un chemin.
Un chemin où l’on ne marche pas seul.
Le Compagnonnage transmet une exigence.
Pourquoi touche-t-il tant de cœurs ?
Parce qu’il parle à ce qu’il y a de plus simple en nous :
La fierté d’un ouvrage bien fait.
La joie d’être reconnu par les siens.
Le désir de grandir sans écraser personne.
L’envie de devenir meilleur… pour servir mieux.
Oui, le Compagnonnage est un mythe.
Mais un mythe vivant qui rassemblent.
Un mythe qui trace une route.
Huit siècles nous regardent.
Huit siècles de mains calleuses,
De regards attentifs,
De frères et de sœurs qui ont tenu bon.
Nous sommes les héritiers de cette fidélité.
Car un mythe ce n’est pas un mensonge.
C’est une lampe que l’on garde allumée quand tout vacille.
C’est une direction quand le monde tremble à force de profits et de facilité.
Le Compagnonnage est né dans la poussière des chantiers.
Dans l’odeur du bois.
Dans l’étincelle de l’enclume.
Il est né du travail humble.
Du travail vrai.
Et il affirme une chose immense :
Aucun métier n’est petit.
Aucune main n’est inutile.
Aucune personne n’est de trop.
Être Compagnon, ce n’est pas être au-dessus.
C’est être responsable.
Responsable de son geste.
Responsable de sa parole.
Responsable de son frère.
Responsable de sa sœur.
Ne pas laisser l’un tomber.
Ne pas laisser l’autre douter seule.
Se relever ensemble.
Voilà le cœur du Compagnonnage.
La droiture.
La fidélité.
La fraternité.
Pas une fraternité de façade.
Une fraternité vécue.
Depuis huit siècles, le Compagnonnage avance.
Il a traversé les guerres, les interdictions, les bouleversements.
Il a changé, il s’est adapté, mais il n’a jamais renoncé à l’essentiel.
Il ne vient ni d’un Orient fabuleux, ni des chevaliers des légendes.
Il est né ici.
Aujourd’hui encore, il explore son passé pour mieux construire l’avenir.
Il garde ses traditions, non pour se fermer, mais pour se rappeler d’où il vient.
Le Compagnonnage est universel, il passe, il change, avec le temps, s’il ne l’était pas le priverait de ce qui plaît, qui touche, qui attire qu’il puise dans l’époque qui le traverse, et qu’il traverse.
Ses symboles ne sont pas des secrets.
Ils sont des repères, des signaux.
Le Compagnonnage a toujours cherché à transformer la société en transformant l’homme.
Pas par des discours.
Par le travail.
Par l’exemple.
Par l’exigence.
Il discipline l’indiscipliné pour qu’il trouve sa place dans une société organisée.
Il affirme que la vie ne se réduit pas à survivre.
Que le métier peut élever.
Que l’ouvrage peut faire grandir celui qui le réalise.
C’est la raison pour laquelle il est toujours vivant.
Par sa force.
Par sa discipline.
Par sa fraternité.
Par cette volonté de servir le progrès des femmes et des hommes de métiers.
Le vrai mystère du Compagnonnage n’est pas dans ce qu’il cache.
Parce qu’il ne cache rien, il n’a rien à cacher, il n’y a pas de mystère.
Sinon ce qu’il exige :
Faire du travail de ses mains une œuvre.
Faire de son métier un honneur.
Faire de sa vie un chemin droit et vertueux en toutes circonstances.
Voilà le Compagnonnage que l’on aime.
Et voilà pourquoi il est encore debout.
Levons nos verres pour une fraternité.
Pour celles et ceux qui ont transmis.
Pour celles et ceux qui transmettront.
Pour celles et ceux qui doutent encore et que nous accueillerons.
Rejoignez les Compagnons Égalitaires.
Soyez Compagnons Égalitaires.
Non pour être au-dessus.
Mais pour être ensemble.
Vive les Compagnons !
Vive les Égalitaires !

2 réponses sur « Adresse à ceux qui doutent ! »
Il suffit parfois de quelques mots pour provoquer un choc , une faille dans l’être , une lumière qui donne lieu à un moment de révélation et d’initiation .
Bonjour Marcel,
Il arrive que quelques mots, simples, même très simples réveillent ce que l’on savait depuis toujours. Du tréfonds surgit alors une pensée enfouie, une image intime, déjà connue, que l’on reconnaît quant elle refait surface et s’impose.
Bonne journée, Cher Marcel.