
Agricol Perdiguier – (1805 – 1875) – Compagnon Menuisier Du Devoir De Liberté Dit Avignonnais La Vertu – Député de l ‘Assemblée Nationale Constituante de 1848 à 1851 (Montagnard)
« Les compagnons ne se donnent pas entre eux le titre de Monsieur, mais particulièrement celui de pays.
Soyez Allemands, Espagnols, Turcs, Italiens, Russes, Anglais, Kalmouks, Américains, Asiatiques, Africains, Français, c’est tout un : vous êtes tous des pays.
Le compagnon est cosmopolite.
Il n’y a pour lui qu’un ciel, qu’une terre, qu’un monde, qu’un seul pays.
Aussi est-il partout dans son pays ; aussi tous les compagnons sont-ils ses pays.
Soyez nés n’importe où ; que votre visage soit blanc, ou noir, ou jaune, ou rouge, ou cuivré ; que Moïse, que Manon, que Mahomet ou Jésus soit votre prophète, votre Dieu, peu importe : vous êtes un compatriote, un pays, un frère.
J’ai vu des Espagnols, des Allemands, des Américains, des Belges, des Suisses, des Italiens, des Savoyards, des Marocains, l’emporter dans nos élections sur des Français, et devenir premiers compagnons, capitaines, dignitaires de notre Société.
Voilà du beau ! Voilà ce qui réjouissait mon âme ! »
Agricol Perdiguier – Mémoires d’un Compagnon – 1839 – pages 106 et 107
Question :
Il n’y a là que des hommes, mais où sont les femmes ?
A leurs places d’alors : Mères, épouses, sœurs, ou filles.
Est-ce le cas aujourd’hui ? Est-ce que nous devons nous comporter comme des hommes du XIXe siècle ?
Supposons :
Si Agricol Perdiguier était de notre temps, mépriserait-il les femmes qui feraient le même métier que lui, bien qu’il fut impensable qu’elles fussent menuisières à l’époque où il écrivait ce texte ?
