Le Compagnon, c’est celui qui accompagne, parce que, par définition l’on ne peut être compagnon seul.
C’est-à-dire celui qui partage en égal, en frère ou en soeur, par un élan du coeur. Le Compagnon, c’est celui ou celle qui prend en compte l’autre dans tous les cas, l’on est toujours le compagnon d’un autre.
Pour les EGALITAIRES c’est la seule définition acceptable du nom de Compagnon.
TRADITION DES EGALITAIRES :
« La tradition dans les grandes choses, ce n’est pas de refaire ce que les autres ont fait, mais de retrouver l’esprit qui a fait ces choses et qui en aurait fait de toutes autres en d’autres temps «
Paul Valéry
Outre ces combats menés pour recouvrer leur liberté, les Compagnons sont inscrits dans l’histoire parce qu’ils ont compté dans leurs rangs, un grand nombre de chef-d’oeuvriers exceptionnels qui ont marqué leur époque. Ils le sont aussi parce qu’ils véhiculent une tradition universelle qui arrive directement et sans interruption du temps où les métiers se sont formés.
La tradition, c’est l’acte de livrer, de dire dans une relation au travers du temps, parce que tout ce que l’on sait se fait par une communication de générations en générations. C’est le lien du Présent avec le Passé, le lien du présent avec l’avenir.
En l’occurence, elle est la reconnaissance de l’effort produit, elle reconnait la morale et le talent d’un Compagnon suivant des critères définis par les EGALITAIRES.
Le Pays Percheron gravant sa pièce d’adoption – Photo Pays Percheron
Illustration historique commune à tous les compagnonnages
Le terme « compagnonnage » fait son entrée dans la langue française en 1719 pour désigner la durée de l’apprentissage (Apprentissage et Perfectionnement) qu’un homme de l’art doit effectuer auprès d’un maître artisan pour devenir Compagnon.
Les légendes des Compagnonnages font toutes référence aux trois fondateurs légendaires :
Le Roi Salomon, engagea Maître Jacques, Tailleur de Pierre, (celui-ci aurait été assassiné à la Sainte-Baume) et le Père Soubise, Maître-Charpentier afin d’organiser la construction d’un Temple Royal à Jérusalem. et travailler ensemble et de façon complémentaire, chacun dans sa compétence.
Cet événement est censé avoir vu naître l’ordre des compagnons, bien que les textes bibliques n’en fassent pas mention. Pourtant le temple de Salomon, existe bien à Jérusalem, et il est même décrit dans la Bible.
Appareillage voûte en anse panier sur petit escalier en colimaçon – Photo Pays NC
Lors du renouveau des cités, les métiers furent organisés en corporations. Cette organisation était divisée en trois conditions qui étaientcelles des apprentis, des valets (qui prirent plus tard le nom de compagnons) et des maîtres. Au cours du XIIIe siècle, l’organisation des métiers en corporations dirigées par les seuls maîtres, provoqua une réaction des valets pour lesquels l’accession à la maîtrise devenait pratiquement impossible.
Dès lors l’appropriation des corporations par les maîtres, des Compagnonnages de métiers c’est-à-dire : des groupements jusqu’à lors inconnus qui affiliaient exclusivement des Compagnons (sans apprenti ni maître), se constituèrent et organisèrent pour les 1nétiers qui les concernaient la défense et la solidarité ouvrière. Ces compagnonnages initièrent le mouvement ouvrier français. Au milieu du XIVe siècle, la liberté du travail n’eut plus cours à Paris. Rapidement cette réglementation fut appliquée à la France. Les Compagnons, qui désiraient demeurer libres de leur activité, n’eurent pour d’autre choix que de fuir Paris pour la province et les lieux de franchise .
Le cuisinier – Photo IA – Réalisation Pays NC
En 1714, le Tiers-état demanda la liberté du travail contre les monopoles que s’accordaient les corporations. Elles seront abolies en 1776, et rétablies la même année ! Il faudra attendre 1789 pour que l’Assemblée Nationale proclame la liberté du travail. Ce fut ce combat, mené pour la liberté de circuler, la liberté de travailler et, la liberté d’entreprendre qui généra les Compagnonnages dont les Egalitaires se déclarent être aujourd’hui les héritiers. Mais Compagnonnages et Compagnons vivaient une histoire parallèle à l’histoire sociale .
Du XIIIe siècle à la première révolution française, les Compagnonnages avaient assimilés des traditions qui leurs étaient antérieures et qui venaient fortifier leur identité. Les récits bibliques qui relatent les circonstances et les faits de la construction du temple de Jérusalem générèrent des légendes qui dès l’origine inspirèrent ces coalitions compagnonales. Les Compagnonnages anciens qui étaient corporatistes se divisaient en trois groupements qui se dénommaient :
Compagnons De Liberté, Enfants Du Roi Salomon
Compagnons Passants Du Devoir, Enfants de Maître Jacques
Compagnons Passants Bons-Drilles, Enfants de Soubise.
Le Roi Salomon, Maître-Jacques et Soubise sont depuis, reconnus Fondateurs légendaires exclusifs de ces groupements.
En 1889 les Anciens Compagnons Des Devoirs, réunis en assemblée firent l’Union Compagnonnique Des Devoirs Unis.
Ils abolissaient le corporatisme, les préséances et, constituèrent une société de secours mutuel.
Le 22 juin 1996, des Compagnons issus de l’Union Compagnonnique et de la Seconde Ere Nouvelle de 1978 ont constitué le Compagnonnage Egalitaire que l’on connaît aujourd’hui et qui a fait :
La Réception des femmes.
La mixité.
L’abolition du corporatisme.
La suppression de la limite d’âge.
La reconnaissance à rang égal de tous les métiers manuels.
Le Compagnonnage Egalitaire est un groupement de femmes et d’ hommes de métiers qui ensemble, généreusement et joyeusement, vivent leur siècle. Les Egalitaires communiquent toujours leurs légendes, ils pratiquent le Tour-de-France, sans pour autant que ce soit une obligation rédhibitoire.
Ils produisent une« Pièce d’Adoption » qu’ils présentent lors de leur admission en qualité d’Aspirant et reçoivent le titre de Compagnon Egalitaire après avoir présenté une « Pièce de Réception » au cours de cérémonies dont les contenus sont demeurés traditionnels.
Le peintre décorateur – Photo IA – Réalisation Pays NC
L’AMOUR FRATERNEL
Par le PAYS SERGE CANET
« C’est une obsession, de génération en génération il est toujours présent ; comme pour toutes ces affirmations qui se veulent définitives, il ne se dit jamais en quelles circonstances l’on doit s’y référer, ce qui permet de le faire apparaître à tout propos.
Tous les débats sont placés sous la protection tutélaire des trois fondateurs légendaires du compagnonnage. Sur un lambrequin est écrit : « Amour Fraternel » parfois renforcé par une balance.
Dès lors l’amour fraternel doit être considéré comme un réunificateur, un modérateur permanent ; chaque fois que les compagnons se réunissent, toute parole, tout geste, doit être modéré à l’aune de l’amour que se portent entr’eux des Pays transportés par la même loi, qui, sans cette empathie, ne recouvrerait pas la réalité de leur fraternité.
Ainsi le Devoir des Égalitaires transforme en amour fraternel l’ambition des Compagnons. »
La guilbrette (accolade au cours de laquelle les compagnons boivent bras dessus bras dessous) – Document historique disponible dans le domaine public.