
Escalier en pierre de frontenac, sur voûte sarrazine dans une tour ronde réalisation Guépin B.L. (Photo personnelle)
Et comment je comprends, je conçois et j’applique ses valeurs ?
Ce qu’on sait du Compagnonnage :
« Le Compagnonnage est un système de transmission des savoirs et des identités par le voyage, l’initiation et la formation professionnelle, alliant éthique, techniques et rites. » selon l’UNESCO (Classement 2010) Les principales sociétés de compagnonnage traditionnelles s’adressent à un public jeune : le candidat est d’abord APPRENTI (16 ans en moyenne) cette période permet de choisir et d’apprendre les bases d’un métier, de passer un CAP et de commencer à gagner sa vie avec ce métier. Puis il faut manifester son désir d’entrer au compagnonnage. Le jeune est alors adopté, selon un rituel à la symbolique très forte : il devient ASPIRANT et commence son TOUR DE FRANCE. Celui-ci permet, grâce au voyage de ville en ville, de se former à l’excellence de son métier, de devenir un homme meilleur en acquérant des valeurs de solidarité et de partage et de s’intégrer à la communauté des compagnons par la pratique de rites et rituels. Au terme de ses voyages qui peuvent durer cinq ans (parfois même sept ans !), l’aspirant demande à devenir compagnon. Il présente à ses pairs un ouvrage de réception appelé CHEF-D’OEUVRE et est reçu COMPAGNON à l’issue d’une cérémonie rituellique forte en symboles qui marquera le récipiandaire à vie.
Donc, les Compagnonnages traditionnels s’adressent à un public jeune puisque le parcours qui commence vers 16 ans, s’achève aux environs de 25 ou 27 ans. Ensuite, on ne peut plus devenir compagnon. C’est un système basé sur un fonctionnement ancestral, qui remonte au XIXème siècle et qui tient sur le principe selon lequel on choisit un métier pour la vie. Par exemple, on commence à travailler en qualité d’apprenti charpentier à 16 ans et on reste charpentier jusqu’à sa retraite.
Et les Egalitaires, dans tout cela ?
EGALITE ! Tout est contenu dans le mot. Au 21ème siècle, les gens changent de métier plusieurs fois dans leur vie. Qui ne connait pas une personne, employée de banque ou travaillant dans une agence de pub et qui manifeste le désir de changer radicalement de vie en se consacrant à un métier manuel ? Les candidats des centres de formation pour adultes ne désemplissent pas, et d’ailleurs, les trois principales sociétés de compagnonnage se sont mises à proposer des formations à ce public. L’Association, la Fédération et dans une moindre mesure l’Union se sont investies pour bénéficier de la manne financière que représente le secteur, en surfant sur leur réputation d’excellence, mais si l’on forme ces gens, on n’en fera jamais des compagnons !
Ces personnes qui ont choisi, à 30 ou 40 ans, de tout quitter, de renoncer à une vie établie, souvent bien rémunérée, pour devenir boulanger, peintre en décor, menuisier ou maçon font souvent montre d’un foi, d’une application, d’une pugnacité et d’un amour du travail bien fait que bien des compagnons pourraient leur envier et ils n’auraient pas le droit, en raison de la limite d’âge, de candidater aux Compagnonnages ? Les Egalitaires ont dit non.
Une personne qui a appris son métier par un autre moyen que le Compagnonnage (Et il y en a de très bons !) et qui a grandi dans son métier, au point d’être excellent, de diriger efficacement des chantiers et d’autres hommes, d’être artisan en son métier, d’être formateur, d’avoir une véritable expérience professionnelle et humaine, qui a « voyagé la France * » et ailleurs, au fil des chantiers en Monuments Historiques, cette personne-là, si elle manifeste le désir sincère de rejoindre les valeurs du compagnonnage n’en aurait pas le droit ? Elle serait trop vieille et n’aurait pas suivi le cursus habituel ? Les Egalitaires ont dit non !
Les Egalitaires accueillent les femmes et les hommes, valides ou en situation de handicap, quelle que soit leur foi ou leur absence de foi, s’ils manifestent un intérêt pour les valeurs de partage, de transmission, d’entraide, de fidélité et de respect qui sont les fondements de notre société.
Ensuite, les rituels de passage, les valeurs et les exigences sont les mêmes que pour les autres sociétés de Compagnonnage. Les Egalitaires se sont ouverts à un plus large public, c’est tout.
Voilà, pourquoi, Moi Guépin Belles Lettres Compagnon du devoir Egalitaire de la Chambre d’Angoulème Tailleur de Pierre, j’ai rejoint les Egalitaires.
Vive le Compagnonnage,
Vive les Compagnons,
Vive les Egalitaires !
* Le titre du livre de Barret & Gurgang est « Ils voyageaient la France »

Escalier en pierre de Frontenac sur voûte sarrazine dans une tour ronde, dessiné, taillé et posé par Guépin Belles Lettres (Photo Personnelle)
