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La Conduite de Grenoble

L’exclusion définitive, avec la canne brisée, les Couleurs brûlées et le nom rayé du Grand Livre a  été pratiquée par les compagnonnages.

Actuellement elle fait mémoire d’un récit dans « Le Livre du Compagnonnage » d’Agricol Perdiguier publié en 1841, de ce que les Compagnons nomment depuis : « la conduite de Grenoble. »

Cet épisode des années 1830 relate le châtiment infligé, au moment de son exclusion, à un Compagnon qui s’était rendu coupable de vol.

Voici le texte :

« Cette conduite se fait dans une société à un de ses membres qui a volé ou escroqué ; c’est le châtiment qu’on lui inflige, dans une chambre ou sur les champs. Celui qui a reçu la conduite de Grenoble est flétri moralement ; il ne peut plus se présenter devant la Société qui l’a chassé comme indigne d’elle. Quand on a vu faire cette conduite, on n’est pas tenté de la mériter ; elle n’attaque pas le physique brutalement, mais rien n’est si humiliant : il y a de quoi mourir de honte. »

« J’ai vu, au milieu d’une grande salle peuplée de Compagnons, un des leurs à genoux ; tous les autres Compagnons buvaient du vin à l’exécration des voleurs et des scélérats ; celui-là buvait de l’eau et, quand son estomac n’en pouvait plus d’en recevoir, on la lui jetait par le visage. Puis on brisa le verre dans lequel il avait bu, on brûla ses Couleurs à ses yeux ; le Rouleur le fit relever, le prit par la main et le promena dans la salle ; chaque membre de la Société lui donna un léger soufflet ; enfin la porte fut ouverte, il fut renvoyé et, quand il sortit, il y eut un pied qui le toucha au derrière. Cet homme avait volé. »

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