
Construction d’une maison traditionnelle, chaînages et encadrements des baies en pierre de taille, remplissage en moellons bossagés. Photo NC -Guépin B: L:.
D’abord, la restauration du patrimoine ancien est une spécialité de la maçonnerie qui nécessite des compétences particulières et une formation adaptée : Il ne suffit pas d’être un bon maçon pour entreprendre ce genre de travaux, il faut une qualification spécifique.
Traiter les remontées capillaires dans les murs des bâtiments anciens tout en permettant aux maçonneries de « respirer » est un défi délicat. L’idéal, en la matière, étant que les interventions doivent respecter les directives de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) en
France. Voici une approche conforme aux bonnes pratiques et aux recommandations des experts en conservation du patrimoine :
- Diagnostic préalable :
- Analyse des causes :
Identifier la source des remontées capillaires (humidité ascensionnelle, infiltration, défaut de drainage, etc.). - Étude du bâti :
Comprendre la nature des matériaux (pierre, brique, mortier) et leur état de conservation. - Mesures d’humidité :
Utiliser des outils comme l’humidimètre ou la méthode de la feuille d’aluminium pour évaluer le taux d’humidité dans les murs.
- Solutions techniques respectueuses du patrimoine : a)Drainage et gestion de l’eau par un drainage périphérique : Installer un système de drainage (tranchée remplie de gravier ou drain) autour du monument pour détourner l’eau des fondations. Cette solution est souvent privilégiée par la DRAC car elle est réversible et non invasive pour les murs. b)Barrière capillaire physique : Utiliser des matériaux traditionnels comme des feutres bitumineux ou des membranes en argile expansée posés horizontalement dans les fondations (si possible lors de travaux de restauration). Ces solutions sont préférées aux injections chimiques, souvent proscrites pour les monuments historiques.
Voici trois ouvrages, présentés au fil de l’article, que je recommande à toutes celles et ceux qui veulent compléter leurs connaissances.

Assèchement des murs
- Enduits de chaux :
Appliquer des enduits à la chaux (chaux hydraulique naturelle ou chaux aérienne) qui permettent aux murs de respirer tout en régulant l’humidité. Ces enduits sont traditionnels et compatibles avec les matériaux anciens. - Ventilation naturelle :
Créer des grilles d’aération discrètes dans les soubassements ou les caves pour favoriser la circulation de l’air et l’évaporation de l’humidité. Éviter les solutions invasives ! - Pas d’injections chimiques :
Les produits hydrofuges ou les résines injectées sont généralement déconseillés par la DRAC, car ils peuvent altérer la perméabilité des murs et causer des désordres à long terme. - Pas de barrières étanches :
Les membranes synthétiques ou les peintures imperméables sont à proscrire, car elles empêchent la migration naturelle de la vapeur d’eau.
Respect des directives de la DRAC :

- Matériaux traditionnels :
Privilégier des matériaux compatibles avec ceux d’origine (chaux, pierre, brique). - Réversibilité :
Toute intervention doit pouvoir être annulée ou modifiée sans endommager le bâti existant. - Consultation préalable :
Soumettre le projet de traitement à la DRAC pour validation, surtout si le monument est classé ou inscrit. - Exemple de protocole validé : a)Drainage : Creuser une tranchée autour du monument, poser un lit de gravier et un drain perforé, puis recouvrir de terre végétale. b)Enduits : SUPPRIMER TOUTES TRACES DE CIMENT ET CURETER LES ENDUITS AU CIMENT POUR LAISSER SËCHER ET RESPIRER LES MACONNERIES. Appliquer un enduit de chaux sur les parties basses des murs, en respectant les techniques anciennes (badigeon, stuc). c)Surveillance : Mettre en place un suivi régulier de l’humidité (capteurs, inspections visuelles) pour ajuster les solutions si nécessaire.
- Ressources utiles : Guides de la DRAC : Consulter les fiches techniques de la DRAC ou du Centre des Monuments Nationaux pour des recommandations spécifiques à votre région.
- Experts : Faire appel à un architecte du patrimoine ou un maçon spécialisé en Restauration du Patrimoine ou du Bâti Ancien pour un accompagnement sur mesure.
- Cet article est proposé : aux Egalitaires et aux autres Aspirants et Compagnons qui restaurent, avec passion notre patrimoine, ainsi qu’à tous ceux qui nous lisent ! Avec toute mon amitié, par Norbert CHADOURNE ; dit Guépin Belles Lettres ; Compagnon du Devoir Egalitaire ; Tailleur de Pierre ; Chef de Chantier Monuments Historiques ; Formateur au métier de Maçon du Bâti Ancien.

Vive le Compagnonnage !
Vive les Compagnons !
Vive les Egalitaires.

Une réponse sur « C’est au pied du mur, qu’on voit le maçon ! »
Merci pour ces conseils précieux. Je suis ravie d’en apprendre davantage sur le respect du bâti ancien et les bonnes pratiques pour les murs.