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Le Billet du Soutien de l’Union (n°17)

la peinture à la chaux à sec : 1. le chaulage.

Un liant+un pigment+un solvant+parfois un ou plusieurs adjuvants sont les composants d’une peinture.

La peinture prend toujours le nom du liant qui la compose : le liant de la peinture à la colle est la colle.

Ces différentes techniques picturales sont réalisées selon la peinture à sec (sur fonds secs). 

La fixité : difficulté majeure de la peinture à la chaux.

La fixité, c’est la capacité qu’a le liant d’une matière picturale de fixer les pigments.

Or, dans la peinture à la chaux, le liant, c’est la chaux elle-même ; la chaux à la fois liant et pigment.

Pour assurer la fixité de la chaux (que le lait de chaux, séché ne « farine » pas) il faut stabiliser le lait de chaux.

Nos devanciers incorporaient au lait de chaux diverses matières telles : lait, huile, sang séché, sel, etc., pour parvenir à la fixité.

La peinture à la chaux put être considérée comme une « couche de sacrifice » : on sait sa durée  limitée. Son prix modique ; en une couche se rafraîchit ce que l’était plus.

L’emploi de la chaux hydraulique naturelle résout la difficulté de la fixité de la chaux.

 Préalables.

La chaux, corrosive ; dangereuse pour les yeux, le nez, la peau. Il est nécessaire d’observer des précautions : vêtement de travail qui couvre le corps ; chapeau, gants de protections à manchettes ; lunettes de protection ; masque anti-poussière lors des préparations à la chaux en poudre.

La chaux

La description du cycle de la chaux a été clairement démontrée dans l’article du Pays Norbert CHADOURNE (8 août 2026).

La chaux hydraulique naturelle : NHL se présente en poudre. Elle provient de la calcination de calcaires moins purs.

Elle est dite hydraulique parce qu’elle fait sa prise et durcit en présence d’eau.

Sa prise, son durcissement, se fait en quelques heures.

Son appellation est : Chaux Hydraulique Naturelle blanche N.H.L.

1 litre de N.H.L. pèse 0.8 kg.

Sa luminance est de : 0,65 à 0,75

La luminance est la capacité à réfléchir la lumière, la chaux N.H.L. réfléchit 65 % à 75 % de la lumière qu’elle reçoit.

Mélangée à de l’eau son emploi est limité à 7 heures ; le mélange ne se conserve pas.

Elle s’applique aux travaux extérieurs et intérieurs.

Nature des supports

Enduit à base de liants hydrauliques =  peinture à la N.H.L.

Conditions climatiques pour la réalisation.

Pas : de pluie, de brouillard, de températures en dessous de 5°C, de fort ensoleillement, de vents ; l’eau s’évapore trop rapidement : on dit « brûler la chaux » la chaux ne fait pas effet ; elle part en poudre.

Eau

Elle a trois rôles :

– mettre la chaux en dissolution (la faire passer de l’état de poudre à celui semi-liquide pour faciliter l’application. Elle permet la mise en œuvre qui transforme la poudre en peinture.

– L’eau permet la cristallisation de la chaux hydraulique. Sans eau de la NHL ne peut pas faire sa prise.

Fabrication

De la proportion eau/chaux dépend la texture. Plus une peinture contient de chaux plus elle est épaisse. L’aspect en est changé. Le   film   épais   est   garnissant   et   opaque.   Fluide,    peu garnissant et peu opacifiant.

La fabrication les quantités et les rapports entre la chaux et l’eau s’évaluent en parts.

lait de chaux pour un chaulage.

Lait de chaux épais, garnit largement les imperfections du support. Le film structuré (cordages). Matière apparente, rustique et forte. Le chaulage est la suite de l’enduit, il continue de bâtir.

Le chaulage trouve son emploi sur des maçonneries en moellons et sur des enduits grossiers.

Pour donner plus d’efficacité, il est possible d’y incorporer en doses réduites (20% du poids de chaux) sable, pierruche calcaire, chamotte finement criblés.

Chaux 1 litre + Eau 1 litre = fabrication du lait de chaux pour un chaulage.

Il s’applique à la grosse brosse (type brosse de colleur rectangulaire) ou pour s’inscrire dans une tradition au : « blanchissou », une grosse brosse ronde de poils longs assez grossiers, aussi dénommée « blanchisseur ».

Image générée par IAl

Le chaulage est appliqué sur un support sec, dont la  cristallisation est achevée.

Consommation.

Chaulage : chaux en poudre N.H.L. par mètre carré et par couche : 140g.

Nettoyage et entretien du matériel

Le nettoyage du matériel et de l’outillage se fait à l’eau immédiatement après l’emploi.

Outillage

L’outillage des peintures à la chaux est celui de toutes les peintures. Brosses de poils de qualité assez grossière ayant une tirure  longue.

En brosserie, la tirure est la longueur visible et active des poils d’une brosse.

Sédimentation

La peinture à la chaux sédimente en permanence dans le camion ; le seul outillage spécifique à la peinture à la chaux est un bâton de bois rond, plongé en permanence dans le camion de préparation ; il remet la peinture en suspension.

Littré dit : Camion, vase de terre pour délayer du badigeon.  Il désigne aussi un petit matériel de peintre-en-bâtiments : seau métallique parallèle à anse mobile, à bords ourlés et fond rentré pour contenir la peinture.

La sédimentation empêche l’emploi du rouleau de peintre ou du pistolet.

Avant l’application.

Sur un support cru, non traité en surface, conservé dans son état d’origine, mouiller abondamment avant l’application du chaulage pour éviter l’absorption de l’eau contenue dans le chaulage nécessaire à la cristallisation de la chaux.

Cela dit il faut attendre que le support se ressuie pour chauler ; la composition du chaulage serait modifiée.

(à suivre : 2. le badigeon)

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Le cycle de la chaux

L’utilisation de la chaux naturelle (aérienne ou hydraulique selon les cas) est un impératif absolu lorsqu’on restaure un patrimoine bâti ancien : toutes les maçonneries édifiée avant le XIXème siècle.

Et pour cause !

1817 : Le Français Louis Vicat formule les principes de l’hydraulicité et le ciment artificiel, servant de base technique majeure.
1824 : Joseph Aspdin dépose le brevet du Ciment Portland en Angleterre. 1848 : Joseph Lambot conçoit la première barque en ciment armé (présentée à l’Exposition universelle de 1855).
1852 : François Coignet construit le premier immeuble en béton avec des fers enrobés à Saint-Denis.
1867 : Joseph Monier dépose le brevet de ses jardinières et tuyaux en ciment armé.
1892 : François Hennebique dépose le brevet global du système de béton armé et calcule la position des fers selon les efforts.
1906 : La France publie la première réglementation officielle pour l’usage du béton armé dans la construction.

Donc, toutes les maçonneries réalisées avant 1817 étaient construites avec des mortiers ou des bétons dont le liant était la chaux. L’utilisation des agrégats locaux, entrant dans la composition de ces mortiers, est aussi un impératif évident !

Ci-dessus, un chantier en Dordogne sur lequel nous avions été contraints d’utiliser plusieurs sables de couleur et de granulométrie différentes pour la restauration d’une chapelle du XIIIème siècle. (Photo Guépin B.L.)

Un autre paramètre est essentiel pour respecter le bâtiment, il s’agit du dosage des mortiers : En effet, pour garantir l’efficacité des échanges gazeux permettant la « respiration des maçonneries » et l’uniformité mécanique des nouveaux apports avec les plus anciens, il faut respecter les dosages originaux;

Alors, comment fait-on pour connaître la quantité de liant utilisée par nos anciens dans leur mortier sur l’édifice qu’on restaure ? Une astuce que je vous révèle, comme un secret compagnonnique :

  • On prend une bouteille en verre blanc qu’on remplit aux deux-tiers d’eau salée.
  • On prélève dans la maçonnerie un bloc de mortier ancien qu’on écrase soigneusement pour le réduire en poudre.
  • On verse cette poudre dans la bouteille, on secoue vigoureusement le tout et on patiente 24h, le temps que le mortier se dépose au fond et que l’eau, au dessus, soit bien claire.
  • On observe alors, que les agrégats (partie lourde) sont au fond de la bouteille, que le liant (partie fine) est au dessus des agrégats et l’on peut ainsi mesurer la proportion agrégats/liant que nous aurons à reproduire pour avoir exactement le même mortier que celui d’origine.

Enfin, s’il est capital de bien respecter la granulométrie des agrégats, la chaux en guise de liant et les dosages, la couleur est importante, bien sûr ! Mais il est facile de rectifier cela et d’uniformiser l’aspect avec un lait de chaux pigmenté. Cela ne nuit en rien ni à l’esprit, ni à la forme, mais permet parfois de redonner un coup de fraîcheur à l’ensemble d’une maçonnerie qu’on aurait pas reprise dans son ensemble.

C’est le respect du bâti ancien, de notre patrimoine à transmettre aux générations futures par l’amour du travail bien fait. Cela signifie qu’on ne restaure pas une chapelle du 16 ème ou du 18 ème siècle avec un mortier dont le liant serait un ciment portland, au risque de créer des désordres à l’ensemble de l’édifice ( remontées capillaires, humidité et salpètres qui resortent à l’intérieur de maçonneries, ruptures des liaisons, dilatations délétères, imperméabilisation nuisant aux échanges gazeux, etc…). On n’utilise pas non plus ces enduits tout prêts, vendus en sacs à partir d’un catalogue de couleur qui, s’ils sont adaptés à être projetés en monocouche sur la façade d’un pavillon d’aujourd’hui, construit en parpaing ou en briques, sont évidemment à proscrire sur un patrimoine ancien.

Voici un ouvrage que je conseille vivement à tous les Pays qui souhaitent approfondir leurs connaissances sur le sujet !

Vive le Compagnonnage,

Vive les Compagnons,

Vive les Egalitaires !

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L’Art du Vitrail, un métier de talent et de passion

C’est dans son atelier que Jean-François Bordenave nous reçoit. Dès l’entrée, nous sommes dans un univers de couleurs et de lumières. Les murs sont couverts de vitraux de toutes sortes, sur les tables sont dispersés pèle-lèle des outils, cisailles, marteaux, des bouts de verre, des papiers et cartons. Nos premières impressions nous font penser que le travail de verrier est très technique mais surtout artistique ! Les questions fusent … Comment fait-on un vitrail ? Pour quel usage et pour quel bâtiment ? La restauration des vitraux anciens ? Comment avez-vous appris ce métier ? Il y a combien de temps ?

L’ouvrage qui a permis à Jean-François Bordenave d’être consacré MOF (Meilleur Ouvrier de France) Réalisation d’Entrelacs cisterciens représentant le cheminement complexe dans la recherche de spiritualité.

Jean-François nous explique tout cela, dessins et albums de photo à l’appui. Tout a commencé en 1961, lors de la visite d’un atelier dans le vieux Bordeaux. Devant son intérêt, le directeur lui propose de l’engager comme apprenti et de débuter dès le lendemain ! Jean-François a 16 ans.

Au fil des jours, son envie d’apprendre, de créer et d’améliorer ses compétences en dessin l’incite à prendre des cours du soir aux Beaux-Arts de Bordeaux. Il en sera récompensé. En 1975, il obtient le prestigieux titre de Meilleur Ouvrier de France. L’exercice réalisé pour cette consécration demande une finesse de tracé et une très grande dextérité technique pour la précision des découpes des verres et l’assemblage des éléments de si petite taille : 3000 points de soudure au m2 tout en respectant l’harmonie et la sobriété des couleurs imposées dans l’expression monacale de l’époque cistercienne.

Cette reconnaissance le conduit en 1980 dans l’atelier de Sylvie et Jean Gaudin à Paris. Il travaille alors sur les Grandes Oeuvres du Patrimoine français comme les vitraux de la cathédrale Chartres ou ceux de l’Elysée. On le retrouve ensuite à Saint-Benoit-sur-Loire où il fait alors partie des 54 dessinateurs sélectionnés pour créer les 7500m2 de vitraux de la Basilique de Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire.

La création artistique est difficile à expliquer. Seul l’artiste peut sentir l’inexpliquable. Cependant l’aspect technique peut permettre de mesurer l’oeuvre du Maître.

LA CREATION POUR LES PARTICULIERS

De nombreux particuliers font appel au Maître-verrier pour embellir leur maison. Un beau vitrail apporte un élément décoratif et une lumière particulière aux intérieurs. Le vitrail ainsi créé pour ces amateurs d’art est élaboré en fonction du lieu de vie mais aussi, biensûr, des goûts personnels du commanditaire. Le verrier effectue avec les intéressés une oeuvre collective. Le choix du client est quelquefois surprenant ; « Un client m’a demandé, un jour, de reproduire le portrait du chien de la maison pour décorer un vitrail du salon. »

LA RESTAURATION ET LA RENOVATION DES EDIFICES PUBLICS ET RELIGIEUX LIES AU PATRIMOINE

En participant à la pérennité des oeuvres dans le temps, le Maître-verrier consacre également son savoir-faire à la rénovation et la conservation du patrimoine dans les Monuments Historiques. Il répond aux appels d’offres faits pour les bâtiments publics, édifices religieux ou monuments classés. Pour chaque projet, les architectes demandent à l’homme de l’art de donner ses idées. Le travail se fait en confiance et dans la concertation mutuelle. Une visite préalable du site est évidemment obligatoire afin de s’imprégnier du sens à donner à l’oeuvre et comprendre le choix initial des couleurs pour mieux intégrer la réalisation nouvelle. Le Verrier réalise alors une maquette conformément au cahier des charges. Une commission communale, paroissiale ou d’Art Sacré et, selon les bâtiments, les ABF* des affaires culturelles et du patrimoine donnent ensuite un avis indispensable à la réalisatin de l’ouvrage.

*ABF : Architecte des Bâtiments de France

LA PREPARATION DU VITRAIL

Tout d’abord il faut dessiner les motifs en vraie grandeur, ce qui explique les grandes dimensions des tables de travail. Deux dessins sont nécessaires pour préparer un vitrail : le premier dessin est la maquette définitive, réalisée à la gouache, que nous devrons visualiser en permanence : c’est le projet final. Le deuxième dessin permet de découper chaque élément pour en faire les gabarits de taille des verres. Ces panneaux sont ensuite reproduits sur le verre de couleur qui est découpé avec soin et précision, à l’aide d’un diamant ou d’un coupe-verre. Chaque élément est disposé à plat sur la table, les uns à côté des autres pour reconstituer le vitrail dans son intégralité. Puis ils sont assemblés avec des baguettes de plomb ajustées et soudées. Les verres utilisés peuvent être déjà teintés dans la masse. Il existe un choix important de couleurs (2000 teintes). La couleur visible sur la table ne sera pas forcément identique à celle visible lorsque le vitrail sera fini et posé sur site. Il faut en tenir compte et c’est là aussi l’art du verrier ! Ce mystère tient à la transparence du verre, mais aussi de la lumière extérieurs sur site, voire même de l’orientation du vitrail. Ainsi cette recherche est une conjugaison de plusieurs éléments objectifs et des jeux du hasard.

LA PEINTURE SUR VERRE

Les pièces de verre peuvent aussi être décorées. Pour la réalisation de certains vitraux, la peinture est parfois indispensable. Par exemple, dessiner un visage, souligner les yeux ou les doigts d’une main nécessite un trait de peinture. Ce travail sur verre est ensuite passé au four. L’Art du feu prend alors toute son importance car la cuisson bien maîtrisée révèle au refroidissement tout l’éclat et la beauté des couleurs choisies par l’artiste.

LA GRISAILLE

Pour atténuer le côté cristallin du verre, on applique une peinture « GRISAILLE » avec un pinceau très large qui dépose un léger voile sur l’envers du vitrail.

A PARTIR DU XIIème SIECLE

Les verriers du moyen-âge découvrirent que les couleurs rouge et bleue placées côte à côte se confondaient en une nuance unique violette. Pour palier à ce problème, il les séparèrent avec des profilés en plomb plus larges afin de bien sectoriser chaque couleur.

Les vitraux de Jean-François Bordenave sont visibles partout en France, mais en Nouvelle Aquitaine, on peut en voir à Pau, Bayonne, Arcachon, Brouages, Saintes où il a travaillé avec son ami Tailleur de Pierre Guépin Belles Lettres sur la cathédrale Saint-Eutrope, Bordeaux Basilique Saint-Michel et encore avec Guépin l’église de Saint-Jean-D’Illac, Agen, Toulouse, Catus, Surgères etc…etc…

Norbert CHADOURNE, dit Guépin Belles Lettres lui a consacré un livre qui a obtenu le Prix Saint-Estèphe 2016 chez :

Norbert CHADOURNE – Site de jamano-editeur !

Toutes les photos appartiennent à Jean-François Bordenave.

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La Transmission : Essence du Compagnonnage

Le Pays Guépin, Compagnon Tailleur de Pierre, explique à un jeune l’abord du travail qu’il devra accomplir – (Photo personnelle)

Selon les circonstances, les moyens ou les intervenants, Transmettre, c’est :

  • En mécanique, un transfert d’énergie ;
  • En radio, c’est une émission permettant l’acheminement d’un message allant d’un émetteur vers un récepteur ;
  • En droit, c’est le legs d’un patrimoine d’un ascendant à un descendant ;
  • En médecine, il peut y avoir une connotation négative : c’est la transmission d’une maladie infectieuse. Mais il y a aussi la transmission d’un patrimoine génétique.
  • Transmettre les connaissances et les savoirs est pratiqué depuis la nuit des temps par le genre humain, et la transmission des savoirs s’exerce généralement par l’éducation, l’instruction et par l’exemple. Il ne faut surtout pas oublier que l’absence de transmission conduit à la perte d’un savoir.
  • Pour transmettre il faut au préalable avoir reçu et assimilé. La notion de transmission implique qu’il y ait communication et partage, chacun recevant et interprétant le message selon une grille qui lui est propre.
  • Notons enfin qu’au triptyque « Transmission-Réception-Assimilation » correspond celui de « Parole – Ecoute – Silence »
    Transmission / Parole : En effet, chez les Compagnons, la transmission est essentiellement verbale car depuis que le Compagnonnage existe, la communication est orale, d’un Pays expérimenté et sachant à un récipiandaire novice, disponible et attentif. Réception / Ecoute : Il ne s’agit pas là d’une soumission passive du novice, mais d’une attitude positive qui conduit à la réception de l’information, puis à la réflexion qui apporte la compréhension. Assimilation / Silence : la Mémorisation se concrétisent mieux dans le silence, mais cela n’empêche pas le questionnement ! Un novice peut questionner pour consolider une compréhension et un compagnon peut interroger pour vérifier la bonne assimilation des acquis.
  • Vive la transmission !
  • Vive les Compagnons !
  • Vive les Egalitaires !
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Billet de Coeur-Loyal (N°2)

Par le Pays Roland Feuillas

La Rose et le Réséda de la Terre :


Pour une écologie de la foi et du vivant. Il y a deux manières d’habiter le monde, deux manières de regarder un champ de blé, deux manières de concevoir l’avenir. Aujourd’hui, face à la crise écologique, le vieux poème de Louis Aragon résonne d’un écho nouveau, spirituel et agronomique.
Celui qui croit au ciel. Celui qui n’y croyait pas.

Celui qui croyait au ciel :

L’alliance franciscaine avec le vivant :
Celui qui croit au ciel n’attend pas une récompense après la mort ; il voit le sacré ici-bas, « à chaque pas » dirait Giono, au contact de la matrice du Vivant. A la suite de Saint François d’Assise, il contemple un écosystème ayant mis cap vers son climax – là où les arbres, le végétal, l’animal, les insectes et la vie du sol s’unissent dans une harmonie parfaite – et il y décèle une intelligence supérieure.

Pour lui, cultiver n’est pas un acte basiquement productiviste, mais servir une véritable communion. Il a la foi. Non pas une foi dogmatique, mais une confiance absolue dans la résilience de la Terre.

Il sait que le sol n’est pas un support mort à perfuser de chimie pétrolière, mais un organisme vivant capable de s’auto-régénérer si l’Homme accepte de devenir son humble partenaire plutôt que son tyran. A l’inverse, se tient celui qui ne croit pas au ciel : l’orgueil de la chimie et le jeu à somme nulle. Séparé du vivant, il a sombré dans l’illusion de son autosuffisance.

Ne croyant qu’en lui-même, en sa technique et en ses formules de laboratoire, il pratique une agriculture d’extraction et de prédation.

Cette approche moderne repose sur une logique comptable et réductionniste, parfaitement résumée par le slogan partisan :
« Pas d’engrais chimique, pas de blé ; pas de blé, pas de pain ».
C’est le triomphe de la pensée linéaire contre la pensée complexe.

En enfermant l’agriculture dans cette équation simpliste, l’extractiviste joue un jeu à somme nulle : une logique destructrice où, pour que l’homme gagne un rendement immédiat, il est mathématiquement obligatoire que la nature perde sa substance.
On tue la biologie du sol pour nourrir la plante à court terme, condamnant la terre à la dépendance et à la stérilité.

Le drame moderne : L’otage et la tour.

C’est ici que le poème d’Aragon atteint sa tragique vérité. Dans le texte de 1943, le chrétien et l’athée mouraient ensemble pour délivrer la France prisonnière.

Dans notre siècle, le drame a changé de visage :

l’otage, la prisonnière de la tour, c’est la biomasse (le Vivant) elle-même.

Le véritable péril de notre temps est que l’aveuglement de celui qui ne croit pas au ciel — celui qui épuise les sols par la chimie et l’extraction — est en train de détruire la possibilité, même pour celui qui y croit, d’admirer et de cultiver le climax.

Si le jeu à somme nulle continue, il n’y aura plus de gagnant. La prisonnière mourra avec ses geôliers.

Pour une réconciliation écologique.

Diffuser l’agroécologie, ce n’est pas seulement proposer une solution alternative, c’est opérer une conversion intellectuelle, philosophique, poétique et spirituelle.

Il est temps de dépasser les invectives et les slogans réducteurs pour embrasser la pensée complexe de l’écologie. Il nous faut faire comprendre à ceux qui ne croient qu’à eux mêmes que la Nature n’est pas un adversaire à vaincre, mais elle est le système dont ils dépendent. Le sang de la terre et le sang des hommes sont liés. Pour que l’humanité ait encore du pain demain, il faut abandonner le jeu à somme nulle. Il est de la plus haute logique écologique, scientifique et humaine, que pour que l’homme vive, la nature vive aussi. Ce que le poème d’Aragon nous lègue, une fois traduit dans l’équation du siècle présent, n’est pas une incantation poétique ou
une complainte moralisatrice.


C’est un théorème d’une rigueur absolue. L’approche extractiviste, celle de « celui qui ne croyait pas au ciel », repose sur un postulat mathématiquement intenable : l’illusion qu’un sous-système (l’économie humaine) peut croître indéfiniment en détruisant le système global qui le contient (la biosphère).


Le slogan relevant d’un parisianisme productiviste : « Pas d’engrais, pas de blé, pas de pain » n’est pas une loi de la Nature, c’est l’aveu d’une dépendance technique que l’on a confondue avec une vérité agronomique.
A l’inverse, l’approche franciscaine, celle de « celui qui croyait au ciel » n’est pas une régression médiévale ; elle est l’expression la plus avancée de la thermodynamique et de la pensée complexe.


Elle reconnaît que la thermodynamique du vivant est à somme positive : le soleil donne l’énergie, le sol la transforme, la biodiversité la maximise et la rend métabolisante au genre humain. Dès lors, la démonstration est close :
Dans un monde fini, la guerre contre le vivant est un suicide logique.
L’agroécologie n’est pas une option idéologique parmi d’autres, elle est la condition sine qua non de la perpétuation du blé et du pain.


Pour que l’homme soit, il faut que le milieu permette son être. Ce que l’un nomme le Ciel et que l’autre nomme le Climax n’est qu’une seule et même réalité physique : la matrice de notre propre survie.

Quod erat demonstrandum.

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Dans le cadre du Devoir de transmission :

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Hé, les Pays ! N’auriez-vous pas omis quelque chose ?

Un Ancien Pays Peintre transmet son savoir à un jeune Aspirant. (Photo NC-Guépin-)

Hé ! Pays Artisans, Compagnons Egalitaires ! Vous devez transmettre votre savoir et vous engager dans la formation.

« Un métier sans transmission est un métier en voie de disparition. Et vous, que voulez-vous laisser derrière vous ? »

« Former un jeune, c’est sculpter l’avenir de votre métier. Le Compagnonnage Egalitaire, c’est l’outil. »

« Votre savoir-faire est un trésor. Ne le laissez pas s’éteindre : transmettez-le. »

« Un apprenti aujourd’hui, c’est un maître demain. Le Compagnonnage Egalitaire en est la preuve. »

« Recruter un jeune, c’est investir dans la pérennité de votre art. Le Compagnonnage Egalitaire vous accompagne. »

Hé ! Vous, jeunes gens qui rêvez d’aventure et d’excellence ! Choisissez nos métiers et à rejoignez le Compagnonnage Egalitaire !

« Devenez l’héritier des gestes qui ont bâti la France. Le Compagnonnage Egalitaire vous ouvre ses portes. »

« Boulanger, menuisier, tailleur de pierre… Ces métiers ne demandent pas seulement des bras, mais une âme. La vôtre ? »

« Le Compagnonnage Egalitaire : l’école de l’excellence, où chaque jeune devient un artisan d’exception. »

« Vous cherchez un métier qui a du sens ? Ici, on ne fabrique pas que du pain ou du bois… on façonne des destins. »

« Un tour de France, des rencontres, un savoir unique : le Compagnonnage Egalitaire, c’est l’aventure qui change une vie. »

Un jeune aspirant fleuriste formé auprès d’une Artisane, Pays Confirmée. (Photo IStock libre de droit)

Le Compagnonnage Egalitaire s’adresse à vous toutes et tous  (artisans + jeunes) pour créer un lien entre les générations et valoriser l’engagement collectif.

« Un artisan + un jeune = une transmission. Le Compagnonnage Egalitaire, c’est ce pont entre les mains. »

« Et si le futur de votre métier dépendait de cette rencontre ? Le Compagnonnage Egalitaire la rend possible. »

« La meilleure façon de préserver un savoir-faire ? Le partager. Rejoignez le Compagnonnage Egalitaire. »

« Ils ont 20 ans et des rêves. Vous avez 40 ans d’expérience. Ensemble, écrivez la suite. »

« Le Compagnonnage Egalitaire, c’est l’alliance parfaite : l’audace de la jeunesse et la sagesse de l’expérience. »

Pays, Artisans, Artisanes, Femmes et Hommes de l’art ! N’oubliez pas d’où vous venez ! Pensez à votre parcours ! Souvenez-vous de votre serment au Compagnonnage Egalitaire parce que :

« Sans transmission, un métier meurt. Avec vous, il renaît. »

« Le Compagnonnage Egalitaire : 1 jeune + 1 artisan = 1 avenir. »

« Votre métier mérite mieux que de disparaître. Formez la relève. »

« Et si le plus beau projet de votre carrière, c’était de former celui qui vous succédera ? »

« Le Compagnonnage égalitaire : parce que le talent n’a pas de genre.

« Imaginez un monde sans boulangers, sans charpentiers, sans tailleurs de pierre… Ce monde existe déjà, si nous ne formons pas nos jeunes. Le Compagnonnage Egalitaire  est la solution. »

« Chaque métier est une langue. Si personne ne l’apprend, elle disparaît. Parlez-la à un jeune. »

« Le Compagnonnage Egalitaire, c’est la chaîne humaine qui relie les générations. Ne la brisez pas. »

« Un métier, c’est comme une flamme : si on ne la transmet pas, elle s’éteint. Allumez celle d’un jeune. »

Pays du Compagnonnage Egalitaire, il vous faut sensibiliser le grand public et les institutions.

« La pénurie de main-d’œuvre dans l’artisanat n’est pas une fatalité. Le Compagnonnage Egalitaire prouve que la solution existe : former, transmettre, s’engager. »

« En 2026, 1 artisan sur 3 n’a pas de successeur. Et si la solution venait des jeunes que vous n’osez pas recruter ? »

« Le Compagnonnage Egalitaire : le seul réseau où l’on construit des cathédrales… et des vies. »

Nous avons entendu des choses encourageantes :

« Grâce à mon maître Compagnon Egalitaire, je suis devenu meilleur que lui. » (Un jeune)

« Former des apprentis, c’est ce qui me fait me lever le matin. » (Un artisan Compagnon Egalitaire)

« 80% des jeunes formés en Compagnonnage Egalitaire trouvent un emploi dans leur métier. Et vous, que faites-vous pour eux ? »

Une apprentie boulangère, Aspirant au Compagnonnage Egalitaire (Photo IStock Libre de droits)

Vive le compagnonnage !

Vive les Compagnons!

Vive les Egalitaires !

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La Conduite de Grenoble

L’exclusion définitive, avec la canne brisée, les Couleurs brûlées et le nom rayé du Grand Livre a  été pratiquée par les compagnonnages.

Actuellement elle fait mémoire d’un récit dans « Le Livre du Compagnonnage » d’Agricol Perdiguier publié en 1841, de ce que les Compagnons nomment depuis : « la conduite de Grenoble. »

Cet épisode des années 1830 relate le châtiment infligé, au moment de son exclusion, à un Compagnon qui s’était rendu coupable de vol.

Voici le texte :

« Cette conduite se fait dans une société à un de ses membres qui a volé ou escroqué ; c’est le châtiment qu’on lui inflige, dans une chambre ou sur les champs. Celui qui a reçu la conduite de Grenoble est flétri moralement ; il ne peut plus se présenter devant la Société qui l’a chassé comme indigne d’elle. Quand on a vu faire cette conduite, on n’est pas tenté de la mériter ; elle n’attaque pas le physique brutalement, mais rien n’est si humiliant : il y a de quoi mourir de honte. »

« J’ai vu, au milieu d’une grande salle peuplée de Compagnons, un des leurs à genoux ; tous les autres Compagnons buvaient du vin à l’exécration des voleurs et des scélérats ; celui-là buvait de l’eau et, quand son estomac n’en pouvait plus d’en recevoir, on la lui jetait par le visage. Puis on brisa le verre dans lequel il avait bu, on brûla ses Couleurs à ses yeux ; le Rouleur le fit relever, le prit par la main et le promena dans la salle ; chaque membre de la Société lui donna un léger soufflet ; enfin la porte fut ouverte, il fut renvoyé et, quand il sortit, il y eut un pied qui le toucha au derrière. Cet homme avait volé. »

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Insolite, mais vitale, la Feschine :

Photo collection Jean Missègue « Bordeaux Langage de Pierre » – 2007

Parmi les outils étranges de nos métiers ancestraux, il en est quelques-uns qui ont eu une longévité exceptionnelle, notamment la feschine, dont l’usage pluri-centenaire s’est arrêté seulement dans les années 1950.

La FESCHINE se porte comme un casque, elle repose sur les deux épaules, enveloppe la tête et le front est ceint d’une sangle en chanvre.

Cet outil n’a certes pas la grâce d’une rippe, la finesse d’un rabotin ou la solidité d’une boucharde, mais il soulagea tant de dos, d’épaules, de colonnes vertébrales qu’il mériterait d’être au panthéon des grandes découvertes. Sa forme est si particulière qu’au premier abord on a du mal à en deviner la fonction. Son profil est plutôt grossier et sa texture matelassée peu raffinée. Et pour cause ! Cet outil couramment utilisé sur les chantiers était destiné à transporter des blocs de pierre, et pas n’importe lesquels, des « doublerons » (1) qui pesaient de 80 à 120 kilos selon la densité et 250 kilos pour les consoles de balcons !

Sur ce document du moyen âge, on voit un portefaix montant à l’échelle chargé d’une feschine.

Fabriqué par les Espagnols

Son origine est peut-être espagnole plus sûrement basco-espagnole, la technique de fabrication s’inspirant de celle des espadrilles et des sandales. Les cordiers de Bordeaux, souvent d’origine espagnole, exerçant près du port dans le quartier Saint-Michel, maîtrisaient à la perfection sa fabrication : une forte toile de lin ou de chanvre enveloppe une forme en paille très compressée et dure.

Au dessus, un plateau permettait de recevoir la section la plus longue de la pierre. Un velours rouge ou d’une autre couleur tapissait sa partie concave pour rendre confortable l’emplacement de la tête. Le poids reposait à la fois sur les épaules et la colonne vertébrale du porteur qui était choisi fort et vaillant. Le porteur de pierre, appelé dans le métier porte-pièce ou portefaix, pouvait monter sur les échafaudages jusqu’à 40 blocs par jour. Mais il fallait s’aider de la boisson « certain ouvriers buvaient jusqu’à 10 litres de vin par jour ! » me confiait il y a quelques années Jean Missegue, un ancien tailleur de pierre.

A Bordeaux, au 44 rue Saint François, l’Hôtel de la Perle présente sur sa façade un célèbre portefaix muni de sa feschine, ayant posé cet élément de balcon à dos d’homme. Photo NC-Guépin

La feschine a disparu officiellement en 1936. Mais son usage perdura dans quelques petites entreprises et très localement dans le Sud-Ouest de la France jusque dans les années 1950.

Un bandeau frontal en cordage tressé (au temps de la marine à voile Bordeaux possédait de nombreuses corderies), ceignait le front et surtout stabilisait la feschine et sa charge sur ses épaules.

« Pour soutenir le fardeau jusqu’à l’échelle, le portefaix se déplaçait à petits pas, le corps en rotation lente de droite à gauche et de gauche à droite. » racontait Lucien Lanao, interviewé dans « Bordeaux, langage de pierre » (2).

« Le moindre faux pas et on tombait à la renverse ».

Pour supporter le poids de la pierre et du porte-pièce on confectionnait des échelles solides dont les barreaux, très rapprochés, étaient en acacias et les montants en sapin du nord.

Source : Article rédigé par CADISH, le 7 juin 2010 pour le Journal Sud-Ouest

(1) Le Doubleron désigne la pierre de construction bordelaise dite de remplissage (ou parpaing) dont les dimensions sont de 32,5 cm de hauteur (assise) 28 cm d’épaisseur et 60 cm de longueur. Bien pratique pour estimer la hauteur d’un immeuble, puisque 3 doublerons empilés plus les deux joints intermédiaires mesurent 1 mètre. On compte le nombre d’assises, on divise par trois et on obtient la hauteur du bâtiment.

(2) « Bordeaux, langage de pierre «  de Jean Missegue – 2007.

Jean Missègue, ici en 2009, et qui nous a quitté, est l’auteur de l’ouvrage consacré à « Bordeaux, Langage de pierre » publié en 2007. (Photo Sud-Ouest – 2009)

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Transmission

Le Tracé de l’étoile à 5 branches

Tracé et explication du tracé : Exercice de Compagnon par le Pays Guépin B.L.

L’étoile à 5 branches « pentagramme » ou « pentacle » (étoile de Salomon), rappelle par sa disposition, la silhouette d’un homme, bras et jambes écartés. Elle représente en général, les 5 éléments, la terre, l’air, l’eau, le feu et l’esprit. Pour les chrétiens, 5 est le chiffre qui rappelle les plaies du Christ.

La signification du « pentagramme » évoque l’homme initié, contrairement au pentagone qui évoque l’homme profane. En d’autres termes, l’homme initié tend à devenir un « homme-étoile », c’est-à-dire un homme qui incarne lui-même la lumière, tel Jésus ou les autres «grands initiés».

Dans la religions des Berbères Maures le « pentacle » était symbole de protection contre les esprits malfaisants, aujourd’hui il est toujours utilisé dans certaines régions Berbèrophone du Maghreb comme symbole de protection ou de sorcellerie permettant de rentrer en contact avec un monde parallèle.

Documentation texte, Source : Wikipédia