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Le Clou de Louis

Photo Guépin Belles Lettres – Août 2026

La Place de la Comédie, à Bordeaux, est un lieu magnifique, typique de l’ensemble architectural harmonieux du XVIIIème siècle, qui compose la majorité de la ville de Bordeaux. A gauche, sur la photo, le Grand Théâtre de Bordeaux conçu par l’Architecte Victor Louis.

Victor Louis (1731–1800) est un architecte français renommé, notamment pour son chef-d’œuvre, le Grand Théâtre de Bordeaux, inauguré en 1780. Fils d’un maître maçon, Victor Louis entre à l’Académie royale d’architecture à Paris, où il est l’élève de Louis-Adam Loriot (1700–1767).

Victor Louis obtient le Grand Prix de Rome en 1755. À l’époque (milieu du XVIIIe siècle), le Grand Prix de Rome d’Architecture s’obtenait à l’issue d’un concours organisé par l’Académie royale d’architecture en France. Il n’a séjourné à Rome qu’à partir de 1756 jusqu’en 1759, sous la direction de Charles-Joseph Natoire (1700–1777) qui était un peintre et graveur français . (Le voyage à Rome pour les lauréats du Prix de Rome ne commençait généralement que l’année suivant l’obtention du prix.)

Victor Louis sera remarqué par le Maréchal de Richelieu, alors Gouverneur de Guyenne, qui lui confie la décoration de son Pavillon de Hanovre à Paris.

Victor Louis a marqué l’architecture française du XVIIIe siècle par son audace technique et son élégance néo-classique, laissant un héritage durable, notamment à Bordeaux.

Photo Jean Missègue extraite de son ouvrage « Bordeaux -Langage de pierre » paru en 2009 en autoédition. Observez la disposition des joints de l’appareillage des pierres à chaque angle du péristyle. C’est cet appareillage rayonnant qui dissimule l’armature métallique de Victor Louis.

Le « clou de Louis » désigne une innovation technique mise au point par l’architecte Victor Louis pour la construction du Grand Théâtre de Bordeaux. Il s’agit d’une armature en fer, invisible de l’extérieur, qui relie les colonnes et l’architrave au mur de la façade aux angles du péristyle. Ce système ingénieux, parfois décrit comme une disposition oblique de pierres maintenues par un tirant métallique, a permis de résoudre le problème de l’écartement de la voûte plate sur colonnes, assurant ainsi la stabilité de la structure.

Résidu d’un document original sauvé d’un incendie expliquant le principe technique de triangulation avec les tirants. Extrait de l’ouvrage de Jean Missègue « Bordeaux – Langage de pierre »

En résumé, c’est une solution architecturale révolutionnaire pour l’époque, souvent comparée au principe du béton armé, qui a marqué l’histoire de l’architecture.

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